Château de Pau,
bienvenue chez vous


Éperon rocheux au-dessus du Gave, le château de Pau fait intimement partie du patrimoine de la ville et de ses habitants. Derrière ses portes dérobées et son parc de 22 hectares, des hommes et des femmes s’affairent chaque jour à faire vivre 1000 ans d’histoire.

ChÂteau de pau, photo par Jean-Michel Ducasse, photographe, Pau
ChÂteau de pau, photo par Jean-Michel Ducasse, photographe, Pau
ChÂteau de pau, photo par Jean-Michel Ducasse, photographe, Pau
BLOSSOM #02 MAI 2016
Visite privée
Château de Pau,
bienvenue chez vous

Ici, ceux qui ont le privilège d’avoir les clés vous ouvrent avec un naturel déconcertant l’ancien palais royal, impérial, puis national, devenu musée.

C’est le cas d’Isabelle Pébay, conservatrice en chef du patrimoine, adjointe au directeur du Musée national et domaine du château de Pau, en poste ici depuis 1998. Sa formation ? Historienne, archiviste-paléographe, spécialiste du XVIe siècle. Les circonvolutions du palais, elle les connaît dans leurs moindres détails et s’amuse du privilège de pouvoir nous ouvrir des cabinets non accessibles au public, parfois dissimulés derrière de grandes tapisseries.
« Mon métier consiste à faire vivre le musée et le domaine, à gérer la conservation et la restauration des oeuvres d’art. Comme la collection de tapisseries, l’une des plus importantes en France, avec près de 50 pièces exposées et 40 en réserve. » C’est elle aussi qui collecte les archives et les documents, les authentifie, gère le budget de restauration - environ 130 000 euros par an -, le budget d’acquisition, variable selon les années et les oeuvres passant en vente, ou chapeaute les expositions. Avec un fil conducteur : créer du lien entre le passé et le futur, le patrimoine et la création contemporaine*. « Parfois sous le vernis d’un tableau restauré, on découvre des savoir-faire fabuleux, et jusqu’au trait de crayon de l’artiste. Aujourd’hui, on ne reconstitue plus, on laisse au maximum les oeuvres et les objets en l’état » raconte celle que l’on peut définir comme une « profileuse » du passé.

Parmi les pièces anciennes recensées et acquises par le musée, on trouve un document signé par Henri IV. Quant aux dossiers de travaux datés de la première moitié du XIXe, ils constituent une source d’informations inégalée. Car c’est sous l’impulsion de Louis Philippe et de la Monarchie de Juillet que le château subit une refonte profonde de ses intérieurs.

« Ce qu’on peut dire du château aujourd’hui, c’est que c’est le XVIe siècle rêvé par le XIXe »

résume ainsi Isabelle. Si le château a échappé aux foudres iconoclastes de la Révolution Française grâce à la figure tutélaire d’Henri IV, le palais est en piteux état. La restauration tout au long du XIXe siècle va lui redonner vie et prestance. La fameuse chambre natale du futur Henri IV - sans doute déplacée à cette époque du 1er étage au second - y célèbre la naissance du roi avec des motifs typiques du XIXe, autour du fameux berceau-carapace de tortue. « Il y avait une carapace de tortue de mer au XVIe siècle au château de Pau dans le cabinet des rois de Navarre. C’est attesté par un inventaire conservé à la BNF. Est-ce cette carapace ? On ne peut que le supposer... » précise la conservatrice. Pour la gestion des collections, elle est aidée par deux registres d’inventaire datés de 1855 et 1896. « Ils constituent une mine d’informations indispensable pour la gestion des collections d’un château comme celui-ci. Tout y a été inscrit et recensé, y compris les draps ou les rideaux. C’est en quelque sorte la mémoire du château, y compris dans la disposition du mobilier » ajoute la conservatrice. Aujourd’hui, les conservateurs assurent un récolement décennal, soit un inventaire minutieux qui permet de faire le point sur les objets d’art et le mobilier.

« L’un des acteurs majeurs du château tel qu’il est aujourd’hui est Jacques de Laprade, conservateur de 1946 à 1974 et critique d’art. 70 % des estampes, sur un total de 5 000, et des livres anciens (environ 3000 en réserve) sont entrés dans les collections grâce aux achats de cette époque » ajoute Isabelle. Aujourd’hui, une vingtaine d’oeuvres sont acquises chaque année, entre autres grâce au soutien de l’Association des Amis du château de Pau qui écume les ventes aux enchères ou recueille des dons privés, à la recherche de la pièce rare, comme ce tableau représentant l’émir Abd el-Kader. « Ce personnage charismatique, fin lettré, a beaucoup marqué les Palois. Emprisonné pour résistance à la conquête coloniale de la France en Algérie, il a fait une sorte de retraite spirituelle à Pau » précise Isabelle. Et comme souvent, la légende a fait le reste. Fontaine du Hédas où s’abreuvait sa monture, retraite dans le Belvédère, Place Royale ? Peu importe la justesse historique, reste « une trace forte dans l’imaginaire collectif des béarnais. Si Henri IV a poussé au rassemblement religieux - né et mort catholique, il changera six fois de religion au cours de sa vie - Abd el-Kader a prôné le dialogue interreligieux. En cela c’était quelqu’un de très précurseur qui a marqué le château et la ville » raconte encore la conservatrice.

Trois femmes… et un homme

Derrière chaque grand homme se cache une femme dit l’adage. En l’occurrence trois pourrait-on dire ici. Marqué par la figure omnipotente d'Henri IV, « le château de Pau est aussi un château de femmes » corrige Isabelle. « Avec Marguerite D’Angoulême, femmes de lettres et grand-mère d’Henri IV, il s’ouvre et devient un balcon vers les Pyrénées. Catherine de Bourbon, nommée régente du Béarn au nom de son frère, réside ici et gère le palais. Quant à Jeanne d’Albret, mère d’Henri IV et chef des protestants, on lui doit entre autres des jardins extraordinaires. » Les jardins sont l’autre pépite du domaine national, 22 hectares de forêts, de buissons, d’arbres centenaires et d’allées sablonneuses que le chef des travaux d’art Benoît Laborde, est toujours heureux d’arpenter même si sa fonction de chef d’équipe le contraint souvent au bureau. Le long de ces allées romantiques, au creux de cette forêt touffue qui s’étend au-delà du Pont d’Espagne, au bord de ces talus abrupts et indomptables, près du magnolia ou du platane de 1824, ou dans la chaleur des serres, son lieu favori, le jardinier en chef aime raconter le château côté végétal. « J’aime y voir pousser toutes ces espèces aromatiques, ces fleurs oubliées, ces légumes anciens, c’est un lieu magique, à la fois dans la ville et protégé, un havre de paix » sourit-il avant d’ajouter que « ce parc est atypique, plein d’aspérités, de dénivelés, ce n’est pas du tout le parc à la française tel qu’on l’entend comme à Versailles ; tout y est plus aléatoire et donc très intéressant à faire vivre ». Chaque année, il essaie de tenir un carnet de ce qui a été fait, des techniques utilisées, « car on s’est rendu compte qu’il y avait assez peu de documents sur les extérieurs, alors on essaie de laisser une trace, pour transmettre nos savoir-faire ».

« Ce parc est atypique, plein d’aspérités, de dénivelés, ce n’est pas du tout le parc à la française tel qu’on l’entend comme à Versailles ; tout y est plus aléatoire et donc très intéressant à faire vivre.»

Car ici, on pratique la taille douce des arbres, on redessine les topiaires de buis, on égalise les bordures à la cisaille. La main de l’homme plutôt que la mécanique. Ce patrimoine soigné se drape encore aujourd’hui de nombreuses légendes familières, de la fontaine aux 40 écus à la grotte de l’Ermite, juste au-dessus des serres. Une réflexion du ministère de la Culture est en cours pour offrir un parcours d’art contemporain au coeur de ces allées centenaires, « mais il faut un projet puissant, organique, à la hauteur du lieu » ajoute Benoît, jardinier intarissable et passionné, et l’une des quatre-vingt personnes (dont dix jardiniers) qui travaillent à l’ombre du donjon de Gaston Fébus.

Au plus près des oeuvres d’art.

Car le château de Pau, ce sont des hommes et surtout des métiers. Pour beaucoup inconnus du grand public. Comme celui d’installateur-monteur d’objets d’art. « On est un peu les ambulanciers des oeuvres » raconte Jean-Yves Chermeux qui occupe cette tâche spécifique des musées : décrocher et repositionner les oeuvres, concevoir et fabriquer des supports pour les expositions. « Mon métier est récent, on fait partie des métiers d’art. Pour nous, ce ne sont pas des objets qu’on déplace mais des oeuvres. On doit faire en sorte qu’elles résistent aux manipulations humaines, c’est un travail de l’invisible » raconte cet ancien du musée Guimet et de Sèvres-Cité de la céramique passé par la Sorbonne en histoire de l’art. « J’ai un contact charnel, direct avec l’oeuvre. Il faut de la concentration et du silence ; décrocher un tableau, ce n’est pas un geste banal » conclut Jean-Yves.

Tous ceux qui oeuvrent au château ont leur endroit préféré, leurs oeuvres fétiches, pour Jean-Yves les céramiques, pour Benoît les serres, et « pour moi qui venais des archives, la collection de tapisseries fut une vraie révélation » ajoute Isabelle. « Ma préférée a été tissée à partir d’un carton du peintre Mignard - qui avait réalisé des grandes toiles baptisées “Les Saisons” pour le château de Saint-Cloud de Monsieur, frère de Louis XIV. C’est une évocation du printemps, le Mariage de Flore et Zéphyr. On y reconnaît la représentation des sens, c’est une pièce joyeuse, pleine de gaieté. J’aime aussi ce que cela représente, les savoir-faire, les métiers d’art et l’excellence de la manufacture des Gobelins » renchérit-elle.
Au coeur de la cité, à la fois ouvert et secret, le château de Pau se révèle donc au travers des hommes et des femmes qui font perdurer sa mémoire, égrenant l’histoire comme la légende. « Et quel plaisir le soir de se balader dans ces salles magnifiques après le départ du dernier visiteur. C’est un privilège infini » avoue la conservatrice. Et si vous preniez le temps de refaire un tour au château ?

by Nathalie Faure

CHÂTEAU DE PAU
rue du Château 64000 PAU
0559823800

On a rocky overhang above the Gave, the "château" de Pau is an integral part of the heritage of the town and its residents. Behind its hidden doors and its 22 hectares of parkland, dozens of people work tirelessly every day to bring 1,000 years of history to life.

ChÂteau de pau, photo par Jean-Michel Ducasse, photographe, Pau
ChÂteau de pau, photo par Jean-Michel Ducasse, photographe, Pau
ChÂteau de pau, photo par Jean-Michel Ducasse, photographe, Pau

Those who are lucky enough to have the keys to the castle unlock the doors of this ancient palace – once royal, imperial, then national, and now a museum – almost as if they were opening their own front door.

Isabelle Pébay is one of them; Head Curator of cultural heritage, Deputy Director of the national museum and domain for the château de Pau, she has been working here since 1998. She is a trained historian, archivist-palaeographer and a 16th century specialist. She knows the ins and outs of the palace like the back of her hand, and enjoys the privilege of being able to let us into hidden rooms closed to the public, and sometimes concealed behind large wall tapestries.
“My job is to keep the museum and domain alive, to manage the preservation and restoration of the works of art. Like the collection of tapestries, one of the largest in France, with almost 50 examples on display and another 40 in the reserve.” It’s also her job to collect the archives and documents and authenticate them, manage the catering budget – almost €130,000 a year – monitor the acquisition budget which varies from one year to the next, and the works that are put up for sale, and oversee exhibitions. But whatever her task, the underlying principle is always the same: to create a link between the past and the future, between heritage and modern art*. “Sometimes under the varnish of a restored painting, we discover a remarkable know-how, and sometimes even the artist’s brushstrokes. Nowadays, we don’t try to recreate things anymore; as far as possible we leave the works of art and objects as we find them,” explains Isabelle, who could be described as a profiler of the past.

Among the historical documents collected and acquired by the domain, there is one bearing the signature of Henry IV. Then there are the works files dating back to the first half of the 19th century, a precious source of information, because it was under the aegis of Louis Philippe and the July Monarchy that the castle’s interior was completely refurbished. “If we look at the castle today, it’s what the 19th century imagined the 16th century to be like,” says Isabelle succinctly. Though the château escaped the iconoclastic ravages of the French Revolution thanks to the protective shadow of Henry IV, the palace was in a pitiful state. The restoration work which went on throughout the 19th century breathed new life and presence into the château. The famous bedchamber where Henry IV was born – doubtless moved from the first to the second floor at that time – is a celebration of the royal birth, with its typical 19th century designs surrounding the renowned tortoise-shell cradle. “In the 16th century, there are records of a sea-turtle’s shell being found in the Navarre kings’ room at the château in Pau. It’s written in an inventory kept at the French national library. Was it the same tortoise shell? We can only hazard a guess…” points out the curator. Two inventory registers dated 1855 and 1896 help her manage the collections. “They’re a real mine of information, crucial to managing the collections of a castle like this one. Everything was counted and written down, right down to the bed linen and curtains. They’re almost like the château’s memoirs, and even record how the furniture was arranged in the different rooms,” she explains. The curators now run a stock-taking process every ten years, a meticulous inventory to itemize the work of art and furniture.

“One of the leading figures in the castle as it stands today is Jacques de Laprade, curator from 1946 to 1974 and an art critic. 70% of the engravings, out of a total 5,000, and old books (approximately 3,000 in the reserve) have become part of the collection thanks to the purchases made during the time Laprade was curator,” Isabelle adds. Today, about twenty works are acquired every year, thanks to the support of the ‘Association des Amis du château de Pau’ (Friends of Pau Castle Association) whose members go from one auction to the next, or collect private donations, on a quest to find a rare treasure, like the painting of the Emir Abd el-Kader. “This charismatic, extremely well-read character made a great impression on the Palois. He was imprisoned for resistance to the French conquest of Algerian colonies, and came to Pau for a sort of spiritual retreat,” Isabelle explains. And as is often the case, the legend did the rest. The fountain in the Hédas where he led his horse to drink, retirement in the Belvédère, Place Royale? Irrespective of historical accuracy, the Emir nonetheless left his mark in the collective psyche of the population of Bearn. “While Henri IV encouraged religious gatherings – he was born and died a catholic, but changed religions six times during his life – Abd el-Kader advocated interdenominational dialogue. In doing so, he was a man well ahead of his times, whose presence marked both the castle and the town,” the curator continues.

Three women… and a man

The old adage says that “behind every successful man, there is a great woman”, or in this case, three. Though strongly associated with the all-powerful figure of Henry IV, “Pau’s château is also a women’s castle,” Isabelle points out. “With the presence of Marguerite d’Angoulême, a writer and Henri IV’s grandmother, the château opened out and became a balcony onto the Pyrenees. Catherine de Bourbon, named regent of the Béarn region in the name of her brother, lived here and managed the palace. As for Jeanne d’Albret, Henry IV’s mother and head of the Protestants, we owe her the extraordinary gardens among other things.”
The gardens are the other jewel of the national domain; 22 hectares of forests, shrubbery, centenary trees and sandy paths, that the head of restoration works Benoît Laborde, is always pleased to saunter down, even if his job as team leader often means he is tied to his desk. All along these romantic pathways, nestled in the lush forest which extends beyond the Pont d’Espagne, at the edge of the steep embankments where nature runs rife, near the magnolia or plane tree from 1824, or in the stuffy heat of the greenhouses, his favourite place, the Head Gardner loves to talk about the château’s plants and flowers. “I love seeing all these different kinds of herbs grow there, the forgotten flowers and heirloom vegetables, it’s a magical place, a haven of peace in the town and yet protected from it,” he smiles, before adding that “these gardens are unusual, full of rough patches and differences in level, it’s nothing like the French gardens you might imagine in Versailles; everything grows much more randomly here, which makes it very interesting to tend to and nurture.” Every year, he tries to keep a log book of what has been done and which techniques were used, “because we realised that there aren’t many documents at all about the château gardens, so we’re trying to leave a trace, to pass on our know-how.

“These gardens are unusual, full of rough patches and differences in level, it’s nothing like the French gardens you might imagine in Versailles; everything grows much more randomly here, which makes it very interesting to tend to and nurture.”

” Here, trees are gently pruned, the box-tree topiaries are redesigned, and the lawn edges are trimmed using shears. By hand rather than by a machine. This carefully-tended heritage still lies beneath layers of popular legend today, from the 40-ecu fountain to the Hermit’s cave, just above the greenhouses. The Ministry of Culture is currently deliberating on a modern art trail in the midst of the centenary alleyways, “but we need an organic, powerful project, that lives up to the status of the domain,” adds Benoit, a passionate and enthusiastic gardener, and one of the eighty people (including ten gardeners) who work in the shadows of Gaston Fébus’ keep.

Works of art so close you can touch them

The château in Pau is about the people who work there and especially their professions, most of which are hidden from the public eye. Like the people who install and set up the works of art for display. “We’re a bit like the ambulance men for the collection,” explains Jean-Yves Chermeux who is responsible for this task specific to museums: taking down and repositioning the works, designing and making supports for the exhibitions. “My job is a recent one, and part of the art professions. From where we stand, we are not moving objects around, but masterpieces. We have to make sure that they are not damaged when they are handled; it’s a job that nobody sees,” explains this former employee of the Guimet museum of Asian art and the Sèvres-Cité ceramics museum who studied art history at the Sorbonne. “I have a direct, physical contact with the works of art. I need to have silence and be concentrated; taking down a painting is no mean feat,” Jean-Yves explains.

Everyone who works in the château has their own favourite place, their favourite objet d’art; for Jean-Yves it’s the ceramics, for Benoît, the greenhouses, and “for me after working in the archives, it’s the fabulous collection of tapestries which was a real eye-opener,” Isabelle confides. “The one I like best was woven based on a painting by Mignard – who had painted the great canvases called ‘The Seasons” for the château de Monsieur at Saint-Cloud, Louis XIV’s brother. It represents springtime, the marriage of Flora and Zephyr. It’s a real portrayal of feelings, a joyful work full of laughter. I also like what it stands for; the know-how, the art professions and the excellence of the Gobelins manufactory,” she enthuses.
At the heart of the town, open yet shrouded in mystery, the château de Pau, reveals its secrets through the people who work to keep its memory alive, recounting its history like a legend. “It’s a wonderful thing to be able to walk through these majestic rooms in the evening, when the last visitor has gone. It’s a real privilege,” the curator confides. So, perhaps it’s time for you to go and visit the château again?

CHÂTEAU DE PAU
rue du Château 64000 PAU
0559823800






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